exotopie
exotopie fut conçu en tant qu’événement éphémère produit d’une collaboration entre le baccalauréat en création d’expériences immersives et interactives de l’UQAM et le Quartier des spectacles. En réponse à cette collaboration, les étudiants de la cohorte de 2022 eurent carte blanche pour développer un événement incluant des installations interactives à présenter dans le cadre du festival d’art sonore et de lumière Lumino.
Survenue d’un intérêt commun concernant la place prise par le numérique au sein des relations interespèces, exotopie avait comme premier objectif de proposer un regard positif sur la question en imaginant un monde alternatif où le numérique et l’organique pourraient cohabiter en harmonie, et ce par le biais d’un échange d’énergie réciproque au sein d’un lieu rassembleur.
Un second objectif au cœur du processus de création d’exotopie fut de conceptualiser une expérience interactive ciblant une multitude de publics afin de produire une expérience complète et adaptée à différentes sensibilités. De cette volonté, exotopie fut conçu en trois phases distinctes respectivement intitulées : Lumière, Crépuscule et Éclipse. Chaque phase voyait une augmentation en intensité à travers des changements de lumières et des performances musicales graduellement plus intenses au fil de l’évènement. Ultimement, la conception de cet environnement évolutif résulta en une expérience permettant à différent type d’audience de découvrir un même environnement sous plusieurs déclinaisons.
Un troisième objectif fut de produire une expérience participative et non hiérarchique où audience et artistes pouvaient collaborer dans l’évolution d’une scénographie procédurale au sein d’un lieu voué à être exploré. Cette motivation s’est manifestée par la conception d’interactions permettant à l’audience d’affecter la scénographie de l’espace en direct, et ce en parallèle à des performances audiovisuelles et d’art vivant où l’absence de scène principale promeut l’exploration à travers la déambulation.
Le système interactif et immersif d’exotopie fut entièrement produit afin de soutenir l’immersion du public dans notre univers tout en permettant une expérience unique promouvant la création de moments mémorables pour les membres de l’audience.
En dehors de l’espace principal l’audience on pu retrouver un premier lien avec l’écosystème, des portails vers l’écosystème sous forme de miroirs-infini, pulsant de la lumière en coordination avec la musique jouant à l’intérieur. En premier lieu, le système interactif fut pensé autour du lieu principal d’exotopie, l’agora du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM, un espace sur plusieurs étages où nous avons établi plusieurs zones où des interactions prendraient place.
L’espace du Monolithe est au cœur de l’écosystème servant de point de rencontre où les membres de l’audience se croisaient au fil de leur exploration (et plus tard se retrouvèrent pour danser). Au milieu de cette place, le Monolithe, une structure interactive s’illuminait en concordance avec le son. En plaçant sa main au sein du Monolithe, un membre de l’audience avait la capacité de contrôler un laser sortant du haut de la structure, illuminant ainsi le plafond de l’espace. En passant sous les “pattes” du Monolithe, des capteurs détectaient le passage de personnes, illuminant les faces de la structure. Au sein de l’environnement, le Monolithe rapprocha l’audience de la lumière en la laissant produire de l’énergie afin de nourrir l’écosystème.
La Caverne, un espace dédié au repos sensoriel, disposait de tables munies de composantes électroniques proposant une interaction au toucher permettant d’alimenter un mur semi-organique semi-électronique “respirant” (activant des ventilateurs afin de faire gonfler la surface en question). Ces mêmes tables étaient également équipées de lumière LED s’allumant au toucher (détectant le toucher grâce à un système électronique utilisant du cuivre). Finalement, la Caverne amena l’audience à partager le sens du toucher en public, une interaction atypique dans un contexte social.
En tant que toile de fond, l’espace de la Chute, une large fresque digitale projetée sur la façade de l’agora du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM servait de toile constante habillant l’espace à travers le déroulement de l’événement. Au fil de l’évolution de l’environnement, la Chute changeait en temps réel en cooccurrence avec la musique et à certains moments clés de la soirée.
Sur plusieurs étages, une multitude de lumières étaient programmées selon les couleurs des différentes phases et contrôlées depuis la régie. De plus, des lumières intitulées “Glowberries” furent créées en tant que composantes audioréactives afin d’être parsemées à travers l’environnement.
Ultimement, les différentes composantes d’exotopie étaient entièrement interconnectées au sein d’un écosystème singulier, ancrant ainsi exotopie en tant qu’expérience immersive au sein d’un environnement cohérent ce qui promut l’immersion du public au fil de leur participation.
⠀Photography : Kevin Larue, Andy Martinez , Rosalie Turcotte⠀

